Thiago Scuro cristallise les critiques

il y a 3 semaines 25

La Côte d'Azur tout entière est en état d'urgence. À quelques kilomètres de Nice, où une crise profonde fait rage, la situation s'est également dégradée chez le voisin monégasque. Dans un contexte différent, la colère des supporters commence elle aussi à gronder. Elle s'est matérialisée dimanche soir par un communiqué des Ultras Monaco 1994. Le principal groupe de supporters de l'ASM a appelé à un changement « radical » à la tête de la direction sportive.

L'ÉQUIPE
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Agacés par les résultats de l'équipe en Championnat (7e), reléguée à 6 points du podium et à 11 du leader lensois au cours d'une saison où l'ultra-favori parisien pioche en Ligue 1, les supporters ont affiché leur ras-le-bol par rapport au système de trading à Monaco, qui réside selon eux sur « un modèle basé sur la finance au lieu du sportif ». Un modèle pour lequel Thiago Scuro a été précisément recruté, lui qui a excellé dans ce domaine au Brésil, à Bragantino, deuxième club le plus performant au monde en la matière, selon une étude de la plateforme Transfer Room. Malgré l'environnement feutré de la Principauté, les supporters « exigent » le départ du directeur général et de son équipe. Depuis plusieurs semaines, le dirigeant génère de vives critiques sur les réseaux sociaux, où l'on pointe l'absence d'âme dans l'équipe.

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Scuro, seul visage public de l'ASM

Dans une période de fonte des revenus liés aux droits télé qui ont fait chuter ses gains de 40 M€ à 9 M€, Monaco a misé sur des stars recrutées sans indemnités de transferts, Eric Dier, Ansu Fati et Paul Pogba, dont on attend encore un impact significatif. Parallèlement, l'ASM n'a lâché que 12,5 M€ sur le marché, dépensés sur les seuls Lukas Hradecky (2,5 M€, Leverkusen) et Stanis Idumbo (10 M€, Séville FC). À titre de comparaison, elle avait passé la barre des 80 M€ lors des deux années précédentes, toutes deux vécues en présence de Thiago Scuro, recruté en juillet 2023, d'abord comme directeur du football puis comme directeur général en octobre, dans la foulée du départ de Paul Mitchell.

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Au contraire de l'Anglais, alors directeur sportif, Thiago Scuro jouit d'un rôle élargi, englobant l'opérationnel en plus du secteur sportif. Dans un pays où les présidents incarnent leurs clubs plus qu'ailleurs en Europe, Dimitri Rybolovlev déserte, lui, l'espace médiatique et Scuro (44 ans) est le seul visage public de l'ASM. Ce dernier cultive la discrétion, mais il apparaît régulièrement quand l'équipe n'est pas au niveau. « On sait que les résultats sportifs ont un énorme impact, et l'industrie du foot réside beaucoup là-dessus. Quand l'équipe marche bien, les aspects négatifs semblent petits et quand c'est le contraire, comme dans notre cas, tout a l'air d'être négatif. Or tout ne l'est pas », nous a-t-il expliqué après la victoire contre le PSG (1-0, le 29 novembre).

« Je ne me soucie pas des critiques extérieures, même si je les respecte. Je focalise mon énergie sur le fait de trouver des solutions à nos problématiques. »

Thiago Scuro, directeur général de l'ASM

Pour autant, Monaco n'avance pas, ou peu, malgré le changement d'entraîneur, Sébastien Pocognoli prenant la suite d'Adi Hütter courant octobre. Le jeune Belge (38 ans) à l'expérience encore limitée vit les débuts les plus poussifs pour un technicien monégasque depuis Thierry Henry, à l'automne 2018. Face à un effectif en partie dénué de caractère, Thiago Scuro, dont le profil a été sondé ces derniers mois par Arsenal puis par la Juventus, apparaît donc fragilisé.

Mais il ne se soucie pas pour autant de son avenir sur le Rocher. « Je ne suis pas inquiet. Tant que le président pense que je suis la bonne personne, je ferai mon travail à 100 %, nous a-t-il expliqué. Je n'ai jamais été limogé en 23 ans dans le monde du foot. Ça tient à une raison : je m'investis sur la durée dans mes postes. Je ne me soucie pas des critiques extérieures, même si je les respecte. Je focalise mon énergie sur le fait de trouver des solutions à nos problématiques. »

Elles sont d'abord financières, puisque l'ASM a dû vendre pour plus de 100 M€ cet été, ce qui lui a notamment permis de passer sans encombre devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) la semaine passée. Ce n'est pas pour autant qu'il va falloir s'attendre à ce qu'elle dispose de liquidités pour recruter en janvier, notamment une sentinelle. Quand l'ASM cherchait un joker en défense au mois de novembre, elle ne disposait que de 3 à 5 M€. Enfin, la dernière problématique sera aussi sportive. Dans ce registre, la gestion des blessés est un domaine clé : Monaco n'a quasiment jamais pu composer avec un effectif complet.

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