« S'il y a des responsabilités à chercher, il faut les chercher chez moi, dans ma manière de fonctionner, dans ce que j'apporte aux joueurs, dans les solutions que je trouve. » Samedi soir, juste après la lourde défaite de Reims contre Nice à domicile (2-4), Luka Elsner a assumé. Ses dirigeants n'avaient pas attendu la réception des Aiglons pour se poser les bonnes questions.
Ces dernières heures, ils ont poursuivi leur réflexion quant au maintien en poste de l'entraîneur franco-slovène (42 ans). « C'est très chaud pour lui », révèle une source interne. Une réunion de crise est d'ailleurs prévue lundi matin. Une short-list de quelques noms de remplaçants potentiels va être dressée.
Il faut aussi peser le pour et le contre d'un licenciement, qui ne résoudrait sûrement pas à lui seul tous les problèmes d'une équipe 12e de Ligue 1 qui n'a récolté que six points sur les dix derniers matches de L1 (avec seulement neuf buts marqués pour quinze encaissés). Le coût éventuel d'une telle décision pèse aussi, sachant que l'ex-technicien du Havre, débauché l'été dernier contre une indemnité de départ, est sous contrat jusqu'en 2026. S'en séparer obligerait le club marnais à débourser environ 1 M€.
Un match vital au Havre dimanche prochain
Samedi, après la rencontre, les joueurs ont été pris à partie par les supporters, mégaphone en main. Pas un n'a pris la parole. Luka Elsner, lui, est resté en retrait. Comme isolé. « Je ne fais pas tout parfaitement, mais j'essaye de me remettre en cause et d'aider ce groupe qui a des difficultés », a aussi assuré celui qui s'est qualifié de « combattant » : « Je pense que les garçons sont à l'écoute. » Sa méthode, pourtant, accouche de prestations médiocres depuis des semaines.
Désormais privé du pilier défensif ivoirien Emmanuel Agbadou, vendu 20 M€ (+ 2 M€ de bonus) à Wolverhampton pour remplir les caisses d'un club en difficulté financière, Elsner doit aussi composer avec les méformes de certains cadres, comme Marshall Munetsi ou Teddy Teuma, capitaine à mi-temps, même si ce dernier a surnagé samedi.
Avant de recevoir Monaco dès mardi en Coupe de France, puis surtout... Le Havre dimanche prochain, seul adversaire battu par le SDR en L1 sur les dix derniers matches (3-0, le 10 novembre), le SDR se trouve à un tournant. Car la zone rouge se rapproche dangereusement.