Anthony Mounier peut rentrer chez lui, en Grèce, avec le sourire. L'ancien de l'OL, puis de Nice, a rempli sa mission à Valence : boucler le marathon en moins de 2 h 55. « Objectif rempli (2h54'27 au final), je suis super satisfait, s'exclame-t-il au bout du fil. Je visais un peu mieux en début de prépa mais j'ai eu le syndrome de l'essuie-glace donc j'ai dû me limiter. Je suis parti plus prudemment et ça a tenu, donc super content. »
Le milieu offensif, retraité depuis 2024, n'en était pas à son coup d'essai. Après le Marathon pour Tous en août 2024, bouclé en 3 h 30, il avait franchi le cap des 3 heures à Séville, en février, avec 2 h 59'40''. Car dès la fin de sa carrière sportive, Mounier a eu besoin de reconnecter avec la compétition pour garder un rythme.
« C'est presque aussi beau que de gagner un titre en football »
Arjen Robben, après son marathon de Rotterdam bouclé en moins de 3 heures
« Tu n'es jamais prêt à arrêter brutalement le sport que tu faisais tous les jours depuis tout jeune, retrace-t-il. Mentalement, ce n'est pas évident et je comprends ceux qui sombrent. Ça me vide la tête et ça me permet de faire mon sport, de courir 5 à 6 fois par semaine. Ce qui me botte aussi, c'est la compétition, le fait de lutter contre soi et se dépasser. » Et même si le plaisir « n'est pas comparable » à celui retrouvé dans le foot, il y trouve son compte, bien plus que dans le padel, où « (s) es copains l'invitent tout le temps » mais où il « ne trouve pas la même intensité ».
La longue distance permet aussi à ces anciens sportifs d'élite de retrouver l'adrénaline de la compétition. « C'est presque aussi beau que de gagner un titre en football, s'extasiait Arjen Robben après avoir bouclé le marathon de Rotterdam en 2 h 58'33''. Pour moi, courir un marathon sous les trois heures, c'est du sport de haut niveau ! Cela libère tellement d'émotions, il y a tellement d'entraînements pour arriver à cette performance. » La préparation force également ces compétiteurs à tourner tous leurs efforts vers le sport. Nutrition, discipline, sacrifices, autant de conditions qu'ils ont déjà connues pendant des années à écumer les pelouses.
Footballeur le plus rapide sur la distance reine
Même parcours, même distance, mêmes conditions, les ingrédients parfaits pour retrouver aussi de la rivalité. « Je ne le disais pas mais je voulais battre les temps de Robben et (Luis) Enrique, se marre Mounier. J'avais secrètement en tête de devenir le footballeur le plus rapide sur marathon. » Mission accomplie, puisque l'entraîneur parisien n'a jamais fait mieux que son 2 h 58'08'' établi en 2007 à Florence, quand le sub 3 h était bien moins répandu - 15 % des coureurs l'ont réalisé à Valence cette année. Et mieux aussi que Raul, la légende madrilène, auteur d'un joli 2 h 59'25'' à Madrid en 2019.
Pour toutes ces stars, le chemin a été aussi long que pour les anonymes. Même si certains ont pu s'offrir un coach, il leur a fallu, eux aussi, « mettre les chaussures quand on n'en a pas envie, y aller quand il pleut, quand on est crevés par la vie », énumère Mounier. Ce qui ne les empêche pas, tous, de continuer à enfiler des dossards pour garder la forme et trouver des moyens de se dépasser.
Pour Mounier, les prochaines échéances seront plus courtes, avec l'objectif d'engloutir le semi-marathon en 1 h 20 et même un Hyrox à préparer. Avant, peut-être, de viser 2 h 50 sur la distance reine pour améliorer son temps et protéger son titre honorifique de « footeux le plus rapide sur marathon ».








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