Il vient d'avoir 25 ans et regoûte aux joies de la compétition avec l'Udinese (10e sur 20 en Serie A) en ce début d'année, titulaire en défense centrale. Le Français Oumar Solet a résilié son contrat avec le RB Salzbourg (Autriche) en septembre dernier et s'est engagé avec le club frioulan, quelques semaines plus tard, mais n'est qualifié que depuis le 1er janvier.
Formé à Laval, passé par Lyon (2018-2020, 4 matches), « sans avoir le temps de jeu que je méritais », l'ancien international U20 veut se relancer en Italie, très ambitieux pour lui... mais aussi pour son petit frère (23 ans), Issac, un milieu actuellement prêté à Göztepe (D1 turque) par le Slavia Sofia (D1 bulgare). « Il aspire à beaucoup plus haut et je lui répète, tous les jours, de rester bien concentré à chaque match », précise son aîné, avant de se confier, avant un déplacement à Naples, ce dimanche soir (20 h 45 sur L'équipe live foot), pour le compte de la 24e journée du Championnat d'Italie.
« Comment expliquez-vous cette adaptation aussi rapide au Championnat italien ?
Je suis un joueur qui s'adapte facilement à toutes sortes de situations. Dès qu'on m'a dit que l'Udinese était chaud pour me prendre, j'ai tout de suite sauté sur l'occasion. C'était important d'arriver dans un grand Championnat et de montrer de quoi j'étais capable. J'ai été bien accueilli par l'équipe, par le club et par le coach.
Arriver en septembre a dû aussi faciliter votre intégration ?
Exactement. Le fait de pouvoir venir un peu en avance m'a permis de connaître mes partenaires, de comprendre comment jouait l'équipe, ce que je pouvais faire pour l'aider. J'ai utilisé ces mois d'attente pour bien me préparer et commencer fort, en janvier. Ça me tenait vraiment à coeur, après tous ces épisodes, de montrer ce qu'Oumar est capable de faire sur un terrain. Mon objectif est de continuer à prendre du plaisir et mettre tout le monde d'accord, tout simplement.
Comment avez-vous vécu cette séparation compliquée avec Salzbourg, après quatre belles années ?
Il y a le football et il y a le business. À un an de la fin de mon contrat, Salzbourg voulait me transférer. Ils ont essayé de me vendre partout, à des clubs qui ne m'intéressaient pas. J'ai pris sur moi, je suis resté, le mercato s'est terminé. Si Salzbourg avait été un peu plus malin, ils auraient tout fait pour me garder, quand je vois la situation dans laquelle ils sont. Je suis un peu triste pour eux mais très content d'être parti. L'Udinese m'a ouvert ses portes, m'a récupéré gratuitement.
« J'ai toujours aimé apporter un soutien offensif. Ça fait partie de mon jeu, ça me définit bien »
En un mois, vous avez vécu des émotions contrastées avec une expulsion à Côme (1-4, le 20 janvier) et une passe décisive contre Venise (3-2, le 1er février). Cela ne résume-t-il pas vos qualités, c'est-à-dire un gros physique, qu'il faut savoir maîtriser, et une technique au-dessus de la moyenne ? Je n'aurais jamais dû avoir ce carton rouge. L'arbitre a fait beaucoup d'erreurs ce jour-là, dans les deux sens, en expulsant aussi un joueur adverse. Je n'avais jamais pris de carton rouge de ma vie et là, je prends deux jaunes en quatre minutes ! Ça me permet aussi d'acquérir de l'expérience. C'est un nouveau Championnat, avec de nouveaux arbitres.
Et il y a donc cette passe décisive, à l'issue d'un superbe enchaînement dans la surface...
J'ai grandi comme milieu de terrain. Pour moi, c'est primordial de pouvoir faire des différences. J'ai toujours aimé apporter un soutien offensif. Ça fait partie de mon jeu, ça me définit bien.
Vous êtes quelqu'un d'ambitieux. L'Udinese doit-il vous servir de tremplin ?
Oui, je suis venu ici, dans un grand Championnat, pour mettre tout le monde d'accord. Je veux montrer qui est vraiment Oumar Solet. Si, demain, j'ai l'opportunité d'avoir mieux, on verra. Pour l'instant, je suis très content ici. À chaque fois que tu changes de club, c'est un tremplin, car tu aspires à être meilleur. Mon objectif est d'aller le plus haut possible.
Quels sont les objectifs de l'équipe, cette saison ?
On ne se met pas de pression. Ça me tient à coeur de prendre des points le plus rapidement possible pour, peut-être, rêver d'Europe.
Comment cela se passe-t-il avec votre capitaine, Florian Thauvin ?
On a de très bonnes relations, de très bonnes connexions. C'est un super mec, un vrai leader. Il me donne beaucoup de conseils. Il a tout de suite vu mes qualités et ce que je pouvais apporter. C'est un joueur exceptionnel.
Jouer à Naples, le leader, constitue-t-il une excitation particulière ?
Ils sont meilleurs que nous sur le papier mais on a nos armes. On va là-bas pour gagner, sans pression et j'espère que Dieu sera avec nous. »